Séropositif : savoir ou ne pas savoir.

Il fut d’abord un temps où savoir ou ne pas savoir avait bien peu d’importance, car le seul message que les personnes atteintes du sida se faisaient dire était : nous ne pouvons rien pour vous, vous allez mourir.

Il fut ensuite un temps où savoir aurait fait une différence, mais on ne savait pas. On ne connaissait pas cette différence, donc on a développé des approches qui identifiaient le moment où il était préférable de commencer les traitements pour nous aider à vivre plus longtemps.

Nous en sommes maintenant au temps où il est clairement établi que plus tôt nous nous savons infectés, le plus rapidement il est possible de commencer un traitement qui entraînera de nombreux bénéfices pour la suite de notre vie.

Des bénéfices pour nous. Des bénéfices pour les gens que nous fréquentons.

Premièrement, les bienfaits pour nous :

  • Le traitement entraînera une charge virale indétectable (moins de 40 copies du virus dans mon sang) qui arrêtera la réplication du virus.
  • Si la réplication du virus est très faible, tout mon système immunitaire sera en position de force pour continuer à combattre un ensemble d’infections.
  • Ma santé psychologique sera améliorée : ma peur et ma culpabilité diminueront de façon importante, car le risque d’infecter une autre personne deviendra négligeable, pour ne pas dire inexistant.

Ces éléments mis ensemble me donneront une espérance de vie comparable à l’ensemble de la population. Donc, je pourrai vivre en forme et en santé, et vieillir positivement.

Puis, le grand bienfait pour les autres :

  • Si, grâce aux traitements pris le plus tôt possible après mon infection, je ne peux plus transmettre le virus à d’autres, je viens de mettre fin à la chaîne de transmission de l’infection.

Ceci revient à dire que si nous avons des comportements qui peuvent entraîner une possibilité d’infection au VIH, c’est dans notre intérêt de nous faire dépister pour vérifier si, effectivement, l’infection a eu lieu. Si le dépistage s’avère malheureusement positif, il est dans notre intérêt d’être traité le plus rapidement possible pour bénéficier des bienfaits décrits plus haut.

Sans succomber à la panique, le mot d’ordre pour toute personne ayant eu des comportements qui risquent de conduire à une infection au VIH devrait être: JE ME FAIS DÉPISTER.

Passez le mot.

Jacques, porte-parole de la campagne Je suis séropo
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Image à la une : ©UNICEF Ethiopia/2013/Sewunet

Comments (5)

Sami

Nov 21, 2018 at 4:27

J’ai eu un risque plutôt jetai avec séropositif depuit longtemp sans savoir il découvre son séropositivité le 08/11/2018.je fait un test Hiv le 11/11/2018 après 16 jour de exposition un test 4eme génération négative ….je suis stressée je le refais après 22 jour par cobas e411 tjr négative …jai peur …puisque Hiv est TABO ici en Algérie

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COCQ-SIDA

Nov 23, 2018 at 3:06

Bonjour Sami,
Merci de partager votre expérience sur ce blogue. Nous comprenons que vous ressentez beaucoup de peur en ce moment.
Pour avoir l’heure juste sur votre état de santé, il serait sage de repasser un test de dépistage en février 2019, comme les tests de dépistage (rapide ou standard) atteignent leur fiabilité maximale trois mois suivant une possible infection.
D’ici là, nous espérons que vous pourrez à parler avec des personnes de confiance qui pourront vous aider et vous écouter sans jugement. L’association AIDS Algérie https://www.aidsalgerie.org/ serait peut-être un bon point de départ.
Bon courage!

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Chantal

Jan 22, 2017 at 5:32

Merci Jacques, tu as les mots justes.

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