Nous vivons tous avec le VIH

« Me laisseriez-vous votre santé entre les mains, si j’étais séropositive ? » demande l’une d’entre vous. Au-delà des perceptions et des préjugées, c’est aussi la question de la confiance entre le patient et le personnel de soins qui apparaît dans cette phrase. « Soigneriez-vous mes dents, si j’étais séropositif ? » ou encore « M’accepteriez-vous en CHSLD, si j’étais séropositif ? » sont des interrogations toutes aussi pertinentes !

Lorsqu’on vit avec le VIH, les rapports avec son dentiste, son esthéticienne, son ostéopathe, le psychothérapeute ou la gardienne de son enfant, et que sais-je encore, exacerbent à coup sûr cette question de la confiance mutuelle. En effet, la crainte d’être rejeté ou discriminé dans l’accès aux soins de la santé ou de la personne entrave souvent la décision de dévoiler sa séropositivité. Car il arrive bel et bien parfois que les personnes séropositives vivent la stigmatisation et la discrimination dans ces situations de la vie*.

S’agissant de soins de santé, rappelons que les règles universelles de stérilisation du matériels que doit appliquer chaque praticien garantissent complètement la prévention de la transmission du VIH. Mais qu’il s’agisse de soins ou de services de toute autre nature, la confiance réciproque et le respect mutuel favorisent grandement la relation dans l’atteinte de son objectif. Il est tout à fait pertinent, par exemple, et tout à l’intérêt de la personne séropositive, que son ostéopathe ait connaissance des traitements qu’elle suit.

Nul ne devrait craindre le rejet du fait de sa séropositivité, quelque soit la situation ! Et encore moins de la part d’un professionnel de la santé. Ouvrons les yeux, le VIH doit cesser d’être un tabou. Séropositifs comme séronégatifs, nous vivons tous avec le VIH.

COCQ-SIDA

 

*À titre d’exemple, deux sondages ont été réalisés par la COCQ-SIDA sur l’accessibilité aux soins dentaires des personnes séropositives. L’une des enquêtes a été réalisée auprès de 189 personnes séropositives et l’autre auprès de 769 cliniques dentaires. Les résultats ont démontré l’existence de cas de discrimination et de stigmatisation de personnes vivant avec le VIH/sida, ainsi qu’une méconnaissance de la maladie au sein de certaines cliniques dentaires. L’enquête a aussi révélé, pour une proportion significative de répondants, la crainte de dévoiler son statut sérologique aux professionnels de la santé dentaire et d’être discriminé lors du recours à des soins dentaires. Pourtant, il est démontré que les problèmes dentaires sont fréquents pour les personnes séropositives et qu’elles nécessitent donc d’un suivi régulier.

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