Le VIH et les discriminations en emploi

La discrimination est partout.

Entrevue avec Camille Alix, responsable du service VIH info droits

Les personnes vivant avec le VIH rencontrent-elles encore des problèmes sur le marché du travail ?

Oui, compte tenu des appels que je reçois, je peux affirmer que les personnes vivant avec le VIH rencontrent encore beaucoup de discriminations et de difficultés sur le lieu de travail, que ce soit au niveau de l’embauche, au cours de la relation de travail, ou encore lors de congédiements.

Quel genre de problèmes peut-on rencontrer au niveau de l’embauche ?

Au niveau de l’embauche, toutes les questions que peut poser l’employeur en relation avec l’état de santé sont en général discriminatoires. Et contrairement à ce que de nombreuses personnes pensent encore, il n’existe aucun emploi exigeant la séronégativité au Québec, pas même les emplois en milieu hospitalier. La règle en la matière est la suivante = seules les questions portant sur les capacités requises pour effectuer les tâches de l’emploi peuvent être légalement posées. Hors de ce contexte, toutes les autres questions portant sur la séropositivité au VIH constituent en elles-mêmes de la discrimination. Malheureusement, cette règle n’est pas souvent respectée, et je reçois beaucoup d’appels de personnes qui ont eu affaire à ce genre de questions, ou se sont vues refuser un emploi en raison de leur séropositivité au VIH, dévoilée lors de l’entrevue ou au cours d’un questionnaire médical.

Et au cours de la relation de travail ?

Les situations difficiles dont les usagers m’ont parlé sont souvent en référence avec les assurances collectives et les situations que l’on appelle les discriminations indirectes.
Les problèmes avec les assurances collectives : Pour certaines personnes séropositives, le moment de souscrire aux assurances collectives est délicat. J’ai souvent des appels de personnes me demandant quoi faire lorsqu’elles ont à remplir les formulaires d’assurances. En effet, dans la tête des gens, comme l’assurance médicament est liée au lieu de travail, ils pensent que l’employeur doit être avisé de leur état de santé. Leur crainte est que, comme ils n’ont pas dit qu’ils étaient séropositifs au VIH lors de leurs entrevues, l’employeur l’apprenne via les formulaires d’assurance. Or ce sont deux choses bien différentes et les données médicales sont confidentielles et doivent rester entre l’assureur et l’assuré. De plus, au sein de petites compagnies, l’arrivée d’une personne séropositive entraîne souvent une augmentation des primes d’assurances, compte tenu du coût des soins et des médicaments. Parfois, cette augmentation s’accompagne d’une « chasse à celui qui coûte cher», allant du harcèlement jusqu’à des pressions de la part des employeurs ou des employés pour faire sortir la personne de l’assurance collective, voire la congédier.
Les discriminations indirectes : Cette forme de discrimination survient quand une personne souffre, en raison de son handicap, des règles au sein de la compagnie, comme par exemple le nombre restreint de pauses ou de jours d’absence, le rythme de travail ou encore l’équipement. Il arrive assez souvent que ces règles contraignantes empêchent la personne vivant avec le VIH d’accomplir certaines tâche de son travail, voire toutes les tâches, et qu’elle doive quitter son emploi, d’elle-même ou parce qu’elle est congédiée. Or, l’employeur a l’obligation de prendre des mesures d’adaptation pour accommoder son employé. Malheureusement, les employeurs ne respectent pas toujours cette obligation, au détriment des personnes séropositives qui elle-même ne connaissent pas toujours leurs droits et sont ainsi discriminées.

Que faire si une personne vivant avec le VIH est victime de discrimination ou congédiée pour un motif discriminatoire ?

Des recours existent et il faut les utiliser. Dans toutes ces situations, il est possible de déposer une plainte devant la Commission des droits de la Personne et de la Protection de la Jeunesse. En effet, le VIH est reconnu comme un handicap par le Tribunal des Droits de la Personne et donc comme un motif de discrimination pouvant servir de base à des actions. Au service VIH Info Droits, nous accompagnons les usagers devant la Commission : nous les aidons à rédiger leurs plaintes et nous sommes également présents à leur côté tout au long de la procédure, car cette démarche peut être lourde et parfois douloureuse.

Camille Alix
COCQ-SIDA

Comments (4)

Alexis

Jan 27, 2014 at 12:21

Ca fait un mois et demi que je lai appris et lors de mon renouvellement dassurance collective en octobre dernier je n’ai pas renouveler l’assurance medicament mais etant la loi qui oblige tout individu qui benificie lassurance collective est dans lobligation de prendre l’ass medicament enfin bref .. Que devrais faire quand la regie va me rebondir dasns la face quand l’heure des impot sonneras ! Ouf jaimerais mieux ne pas trop y penser 1500$pendant deux mois …bref Sil vous plait,eclairez ma lanterne que devrais-faire.

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COCQ-SIDA

Jan 27, 2014 at 10:05

Bonjour Alexis,
Nous vous invitons à appeler à ce numéro: 514-844-2477 #34 pour parler à notre avocate Claude Longpré-Poirier, responsable du Service VIH info droits. Elle est très à l’aise avec ce dossier, alors elle sera en mesure de répondre à toutes vos questions.

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Patrick

Mar 27, 2013 at 4:53

j’ai apris il y a 2 semaines que j’étais séropositif ! après réflexion et d’avoir parlé avec ma famille et mon conjoint. Je décide de le dire à mon employeur ! Après une semaine il me fait venir dans sont bureau et veut pas que je le disent à personnes que je suis séropositif ! Je me sens vraiment,seul mal et en plus je suis dans une région (lac-st-jean)

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COCQ-SIDA

Mar 28, 2013 at 10:15

Nous comprenons votre désarroi face à la situation que vous vivez. Nous vous encourageons à contacter l’organisme Le MIENS, à Chicoutimi 418-693-8983. Nous sommes de tout coeur avec vous.

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