La grossesse de A à VIH

Au cours d’une soirée en fin de semaine, quelqu’un m’a demandé d’un air soucieux, entre une gorgée de vin et une bouchée : « Est-ce que tu vas continuer à travailler dans le domaine du VIH, maintenant que tu es enceinte? » J’ai cru bon d’expliquer que je n’avais pas prévu des séances de sexe non protégé pendant les heures de bureau dans un futur immédiat (mes collègues vont être soulagés !) et que donc tout allait bien de ce côté-là…

Même si certains préjugés sur le VIH sont tenaces, je trouve qu’il y a quelque chose d’encore plus marquant dans l’imaginaire collectif quand on évoque la grossesse et le VIH. C’est d’autant plus vrai pour les femmes séropositives enceintes ou qui veulent le devenir et qui font face à une incompréhension, de la pitié ou encore une attitude carrément négative de la part de leur entourage ou de la société en général. D’ailleurs, l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive reste pour beaucoup d’entre elles un parcours semé d’embûches  – une étude pancanadienne se penche en ce moment sur ce sujet brûlant.

Alors, rappelons quelques faits :

  1. Que vous soyez enceinte, une personne âgée, un enfant ou qui que ce soit; que vous aimiez le heavy metal, la pop pour adolescents ou les orchestres symphoniques; que vous buviez du RedBull, de la tisane à la camomille ou du café latte/mocha/triple crème, vous ne contracterez pas le VIH parce que vous travaillez, étudiez, buvez, allez au concert avec une personne séropositive.
  2. On peut être enceinte et séropositive (et épanouie!). Si l’on a la chance d’être accompagnée par les services de santé adéquats, le risque de transmettre le VIH à son bébé est de moins de 2%.
  3. Et jamais deux sans trois, donc :
    Avec les traitements disponibles aujourd’hui, l’espérance de vie des personnes séropositives et séronégatives est souvent comparable : les pères et mères séropositives profiteront donc bien des crises de larmes dans les supermarchés de leur petit dernier, de leur rébellion d’adolescence et de l’envahissement des chums dans le sous-sol les soirs de hockey, merci de vous inquiéter pour eux.

Bref, à toutes les futures mamans séro+ ou séro- : FÉLICITATIONS! Espérons que nos enfants finiront leur brocoli et grandiront entourés d’un peu moins de préjugés sur le VIH que la génération de leurs parents.

Aurélie Hot
COCQ-SIDA

Comments (2)

Martino

Jan 31, 2012 at 10:29

Bravo! J’aimerai que tous le monde soit comme toi…finis les préjugés!!! Merci Aurelie!

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Camille

Jan 31, 2012 at 10:35

Super article, vraiment intéressant de voir que les préjugés sont partout. Merci Aurélie !

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