Journée zéro discrimination 2021 : mettre fin aux inégalités, à la stigmatisation et aux discriminations

À l’occasion du 1er mars 2021, Journée annuelle « zéro discrimination », l’ONUSIDA lance un appel à l’action pour mettre fin aux inégalités, notamment celles liées à l’état de santé, au sexe, à l’orientation sexuelle, à la dépendance aux drogues, aux handicaps, à la pauvreté, à la race ou au statut de migrant·e ou de réfugié·e.

Tel que l’affirme l’ONUSIDA, « il est primordial de lutter contre les inégalités et de mettre fin à la discrimination pour en finir avec le sida. [Notre retard à ce chapitre] n’est pas imputable à un manque de connaissances, de capacités ou de moyens pour vaincre le sida, mais à des inégalités structurelles entravant les solutions de prévention et de traitement du VIH qui ont fait leurs preuves. »

Même au Québec, où l’accès à des traitements efficaces améliore grandement la santé des personnes vivant avec le VIH et prévient la transmission, les personnes séropositives continuent de faire face à de multiples inégalités et discriminations qui peuvent affecter négativement leur qualité de vie. C’est d’ailleurs ce qu’indiquent les premiers résultats du projet de recherche Index de la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH au Québec.

Quelques résultats de l’Index au Québec

Les participant·es de l’Index – toutes des personnes vivant avec le VIH et résidant au Québec – ont été invité·es à se positionner selon plusieurs catégories sociales de différence et de marginalisation, nommées « zones d’exclusion ».

Ainsi, l’équipe de l’Index a pu déterminer que, parmi les participant·es du projet :

  • 100% vivaient avec le VIH;
  • 72 % étaient sans emploi et/ou avaient un revenu annuel personnel inférieur à 20 000 $;
  • 61 % avaient une orientation autre qu’hétérosexuelle;
  • 52 % étaient des personnes racisées ou autochtones;
  • 36 % étaient des femmes (cis ou trans);
  • 17 % avaient une expérience de travail du sexe;
  • 16 % avaient consommé des substances psychoactives dans les douze derniers mois;
  • 9 % étaient en situation de handicap;
  • 6 % avaient fait une demande d’asile ou avaient le statut de réfugié·e;
  • 5 % s’identifiaient comme non-binaires et/ou trans;
  • 4% avaient un statut de travailleur·euse migrant·e.

Notons que les catégories ou « zones d’exclusion » listées ci-dessus peuvent se cumuler et se croiser. Par exemple, une personne vivant avec le VIH (1) peut également être racisée (2), non-binaire (3) et en situation de handicap (4). Nous dirions alors que cette personne combine quatre zones d’exclusion.

Selon ce qu’a observé l’équipe québécoise de lIndex, la majorité (65 %) des participant·es cumulaient de trois à quatre zones d’exclusion, et certain·es participant·es en combinaient jusqu’à huit.

Ces résultats révèlent les multiples inégalités et discriminations auxquelles peuvent faire face les personnes vivant avec le VIH au Québec, et la stigmatisation qui en découle.

Ces expériences de discriminations – associées aux différentes « zones d’exclusion » et à leurs intersections – entraînent pour chaque personne vivant avec le VIH un vécu unique, empreint à la fois de vulnérabilité et de résilience.


Ce texte a été rédigé en collaboration avec Sylvain Beaudry, coordonnateur du projet de recherche communautaire Index de la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH au Québec.

Comments (1)

Jacques Gélinas

Mar 02, 2021 at 8:09

Tout un monde de stigmatisation et de discrimination. Un monde où la lutte est toujours de mise pour pour en venir à une société moins discriminante, plus ouverte à diminuer les vulnérabilités et à accepter les différences.

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