DES DONNÉES SUR LE VIH

DONNÉES SCIENTIFIQUES

Voici une synthèse de données scientifiques qui sont la source de la reconnaissance de cet espoir d’une fin possible du VIH /sida

(Treatment as prevention – TASP)

  • Prophylaxie préexposition sexuelle (PrEP) consiste en un traitement par antirétroviraux en prévention de l’exposition aux risques d’infection au VIH. Cette approche a fait l’objet de plusieurs recherches ayant démontré une bonne efficacité dans des contextes optimaux d’utilisation.
  • Prophylaxie postexposition (PPE) consiste en un traitement par antirétroviraux durant une période d’un mois suivant une exposition à un risque de transmission du VIH. Au Québec, cette pratique est bien connue et est encadrée par un protocole de soins, tant pour les expositions professionnelles que pour les expositions non professionnelles.
  • La diminution de la charge virale : Il s’agit d‘un traitement permettant de réduire la charge virale des personnes séropositives à un niveau indétectable, réduisant ainsi le risque de transmission. Une étude (HPTN052) a démontré que le traitement précoce au sein d’un couple sérodifférent (l’un des partenaires est séropositif et l’autre séronégatif) réduisait de 96 % le risque d’une infection au VIH. Dans l’étude PARTNER, sur 1 100 couples, on ne constate aucune nouvelle infection.

Au cours des trois décennies de lutte contre le VIH/sida, de nombreuses recherches scientifiques ont été réalisées afin de trouver un traitement ou un vaccin permettant la guérison de l’infection au VIH. Malheureusement, ayant toutes échouées, le milieu de lutte contre le VIH est très prudent, voire sceptique, lorsque des résultats préliminaires sur une probable voie vers un traitement curatif sont publiés. Cependant, à ce jour, certaines recherches semblent prometteuses comme l’identification des types de serrures (marqueurs) donnant accès aux réservoirs du VIH ou une étude anglaise sur un traitement curatif qui aurait permis d’éliminer l’entièreté des virus chez une personne infectée.

La transmission du VIH de la mère à l’enfant lors de la grossesse a diminué drastiquement au cours des vingt-cinq dernières années. Dans un document publié par CATIE, les résultats d’une étude qui s’est déroulée sur une période de 20 ans (1990 à 2010), démontrent :

  • qu’un traitement anti-VIH efficace protège le fœtus d’une infection au VIH.
  • qu’au Canada, le taux global de transmission de la mère au fœtus se situe à près de 1 %.
  • que ce taux diminuerait à 0,4 % lorsque les femmes commencent un traitement bien avant les quatre dernières semaines de la grossesse.

La cascade de soins présente un portrait des étapes successives nécessaires pour qu’une personne vivant avec le VIH puisse avoir une charge virale indétectable et maintenir un bon état de santé. Ces étapes sont :

  • nombre total de personnes vivant avec le VIH
  • nombre de personnes ayant reçu un diagnostic de VIH
  • nombre de personnes dirigées vers un service de soins adapté
  • nombre de personnes retenues dans les soins
  • nombre de personnes recevant un traitement contre le VIH
  • nombre de personnes ayant une charge virale indétectable

Actuellement, l’agence de santé publique du Canada tente d’estimer à quelles étapes de la cascade la totalité des personnes vivant avec le VIH canadiennes se trouve. Les autorités ontariennes estiment que, du nombre total de personnes vivant avec le VIH entre 2017 et 2012, seulement 27 à 40 % d’entre elles reçoivent des soins, sont traitées et ont une charge virale indétectable. En Colombie-Britannique, cette estimation était de l’ordre de 35 % en 2011.

Il s’agit d’une approche qui repose sur un ensemble de principes d’actions telle la tolérance à l’endroit d’un comportement socialement et moralement controversé, l’approche coûts/bénéfices de la consommation de drogues, la réduction progressive des méfaits jusqu’à une éventuelle élimination de l’usage, la rencontre des usagers dans leurs milieux de vie, l’offre de services et de soins adaptés à leurs conditions physique et psychologique, assortie d’un minimum d’exigences, le soutien et accompagnement des usagers dans leurs démarches d’autonomisation et de défense de leurs droits.

Pour en savoir plus, consulter le lien suivant.

De nombreuses études ont démontré l’efficacité de nouveaux outils de prévention augmentant ainsi l’éventail des choix accessibles et permettant aussi de combiner différents outils pour accroître la protection.

L’Étude MOBILISE!, une étude qui s’adresse aux hommes gais et aux hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, synthétise dans un cahier des stratégies l’ensemble des données scientifiques sur chacun de ces outils de prévention afin d’en évaluer l’efficacité, l’accessibilité, l’acceptabilité et le rapport coût-efficacité. Découvrir les outils proposés par MOBILISE !

Dans une étude exploratoire qui s’est déroulée entre 2011 et 2013, on affirme que « Faciliter l’accès au logement est une forme de réponse aux inégalités dans les résultats de santé liés au VIH ». Consulter l’étude.

STATISTIQUES

Vous trouverez ici des statistiques récentes sur le VIH/sida au Québec, au Canada mais également à l’international.

Selon les dernières estimations de l’Agence de la santé publique du Canada datant de 2014, au-delà de 18 000 personnes vivaient avec le VIH au Québec.

 

Selon le dernier rapport de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ):

  • En 2014, 278 nouveaux diagnostics ont été rapportés au programme de surveillance québécois
  • Les hommes représentent 81,7 % et les femmes 18,3 % des nouveaux diagnostics
  • Chez les hommes, le nombre de nouvelles infections par groupe d’âge se répartit ainsi :
    • 9,7 % ont entre 15 et 24 ans
    • 27,3 % ont entre 25 et 34 ans
    • 28,6 % ont entre 35 à 44 ans
    • 25,1 % ont entre 45 et 54 ans
    • 9,3 % ont 55 ans ou plus.
  • Chez les femmes, le nombre de nouvelles infections par groupe d’âge se répartit ainsi :
    • 9,8 % ont entre 15 à 24 ans
    • 23,5 % ont entre 25 et 34 ans
    • 27,5 % ont entre 35 et 44 ans
    • 15,7 % ont entre 45 et 54 ans
    • 21,6 % ont 55 ans ou plus.
  • Les hommes ayant de relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) représentent 61,9 % des nouveaux diagnostics et 75,9 % des nouveaux cas chez les hommes
  • 31 % des nouveaux diagnostics touchent les personnes hétérosexuelles
    • 18 % touchent les personnes originaires d’un pays où l’infection est endémique. Chez les femmes, cette catégorie d’exposition représente 35,3 % des femmes
    • 13 % touche les autres cas de transmission hétérosexuelle
  • 5 % des nouveaux diagnostics touchent les personnes qui utilisent les drogues par injection
  • Globalement, le nombre de nouveaux diagnostics pour le VIH tend à diminuer lentement d’année en année, par contre, l’on dénote une progression rapide des autres ITSS.

L’Agence de Santé publique du Canada (ASPC) fournit plusieurs rapports épidémiologiques sur le VIH/sida. En 2014, on estimait à 80 469 le nombre de personnes vivant avec le VIH au Canada

 

  • En 2014, on dénombrait 2044 nouveaux cas d’infections déclarés par rapport à 2076 cas en 2013 soit une diminution de 1,5 %. Les proportions selon la catégorie d’exposition sont :
    • 48,8% HARSAH
    • 29,2% transmission hétérosexuelle
    • 13,1% UDI
    • 10% transmission hétérosexuelle, personnes provenant d’un pays ou le VIH est endémique
  • Les nouveaux diagnostics se répartissent entre 75,4% chez les hommes et 24,6% chez les femmes
  • Chez les hommes, 63,3% des nouveaux cas concernent des HARSAH
  • Chez les femmes, 63,9% des nouveaux cas concernent des contacts hétérosexuels dont 25,5% concernent des femmes originaires de pays ou le VIH est fort présent (endémique)
  • Les peuples autochtones ainsi que les personnes originaires de pays où le VIH est endémique sont surreprésentés dans l’épidémie du VIH au Canada dénotant l’importance d’approches spécifiques pour ces groupes.
  • Environ 21% des personnes vivant avec le VIH au Canada ignorent qu’elles sont séropositives.

Les données de l’ONUSIDA sont disponibles sur son site web. En 2015, on estime à 36,7 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde (34 millions – 39,8 millions).

 

  • 17 millions de personnes vivant avec le VIH ont accès aux traitements contre 7,5 millions en 2010.
  • On constate une diminution du nombre de nouvelles infections de l’ordre de 6 % depuis 2010 réparties ainsi :
    • Entre 8% et 14 % de diminution dans l’ensemble de l’Afrique sauf le Nord
    • 5 % de diminution en Asie et Pacifique
    • 57 % d’augmentation en Europe orientale et Asie centrale
    • 4 % d’augmentation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord
  • 2,1 millions de personnes ont été infectées contre 2.2 millions en 2010
  • Le nombre de nouvelles infections parmi les enfants a diminué de 50 % depuis 2010
  • Le nombre de décès liés au sida a chuté de 45 % depuis 2005.
  • 1,1 million de personnes sont décédées de causes liées au sida