Traitements contre le VIH : frapper tôt, frapper fort

Rapidement ne veut pas dire précipitamment. Après un diagnostic, bien qu’il soit recommandé de prendre des médicaments anti-VIH le plus tôt possible, cela ne veut pas dire que l’on doit se lancer tête première dans le traitement, sans réfléchir. Dans ce billet, Jacques nous rappelle l’importance de s’accorder une période de réflexion. 


Suite à un diagnostic positif de VIH, la science médicale recommande d’entreprendre rapidement des traitements antirétroviraux. Cela pour deux raisons fondamentales.

Premièrement, une personne traitée dès l’annonce de son diagnostic gardera son système immunitaire fort. Celui-ci pourra alors lutter plus adéquatement contre les infections et permettra à la personne d’être en santé et d’avoir une bonne qualité de vie. Deuxièmement, cette personne ne transmettra pas le VIH à ses partenaires, car même sans protection lors de contacts sexuels, le traitement conduit généralement à une charge virale indétectable. Cette indétectabilité – qui doit être maintenue par la prise quotidienne de son traitement et par un suivi médical régulier – assure la non-transmission du VIH.

Cependant, en tant qu’êtres humains, notre vie n’est pas seulement dictée par les constats scientifiques. Toute décision que nous prenons est nécessairement influencée par nos contextes de vie (relation, famille, travail, etc.).

Je vous propose donc cette liste de questions à vous poser avant d’entreprendre des traitements antirétroviraux.

  • Un traitement anti-VIH représente une prise de médicaments quotidienne pour le reste de ses jours. La personne qui vient de recevoir son diagnostic – un moment qui reste marquant – est-elle prête à commencer une médication qu’elle devra prendre tous les jours, et ce pour le reste de sa vie?
  • Des études démontrent que les arrêts de traitement sont nettement à déconseiller et augmentent les risques de mortalité. La personne nouvellement diagnostiquée est-elle disposée à prendre sa médication fidèlement et telle que prescrite, afin d’assurer le succès du traitement? Est-ce que son environnement facilite cette prise quotidienne?
  • Bien que souvent, les effets secondaires du début du traitement ne perdurent pas dans le temps, la personne sera-t-elle capable de les gérer?
  • Autre élément à considérer : les questionnements que peuvent susciter dans l’entourage ces effets secondaires et la prise de médication. La personne qui vient d’apprendre sa séropositivité sera-t-elle prête à répondre à ces questions? Voudra-t-elle dévoiler son statut?

Une réponse positive à toutes ces questions sera le gage d’une amorce de traitement réussie. Cependant, loin de moi la prétention de dire que cette liste est complète. Je la considère plutôt comme un outil utile à la réflexion qui, pour être personnalisée, nécessitera de l’honnêteté quant à ses craintes et ses appréhensions.

Les traitements ne se résument pas à une prescription médicale sur un bout de papier! Vaut donc parfois mieux prendre un temps de réflexion pour être en mesure d’assumer ses choix et de les perpétuer dans le temps.

N’ayez pas peur de poser des questions à votre médecin, au moment du diagnostic ou lors des rendez-vous suivants. N’ayez pas peur de lui dire que vous voulez réfléchir avant d’entamer un traitement. Allez parler avec un intervenant communautaire afin qu’il vous accompagne dans votre réflexion.

Le fait de commencer un traitement contre le VIH demeure une décision personnelle dont les impacts doivent être d’abord analysés d’un point de vue personnel, sachant très bien que cette décision aura un impact sur les personnes qui nous entourent.
Face à cette décision, il s’agit alors d’être proactif et responsable, et d’agir de manière à préserver notre santé et celle de nos partenaires. Un bon moyen de participer à la lutte pour mettre fin à l’épidémie du VIH/sida au Québec.

Jacques

Jacques Gélinas est un collaborateur fréquent de ce blogue et porte-parole de la campagne Je suis séropo.

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