perceptions

Plusieurs sondages réalisés ces dernières années, pour le compte d’institutions gouvernementales ou du milieu communautaire, démontrent que les personnes vivant avec le VIH, au Québec, comme dans l’ensemble du Canada, continuent à faire face à la stigmatisation et que beaucoup d’entre elles se disent affectées par la séropositivité dans de nombreux aspects de leur vie sociale et professionnelle.

La question de dévoiler ou pas sa séropositivité peut surgir à tout moment pour une personne vivant avec le VIH. Et aujourd’hui, encore et toujours, le dévoilement peut être lourd de conséquences : rejet de l’entourage, perte d’emploi, perte de logement, etc. Autant de situations de discrimination bien réelles pour la personne séropositive, résultat de jugements moraux sans fondements.

Quelques données :

Dans un sondage réalisé en 2012 auprès de 2000 canadiens, on découvre que :

  • Les Canadiens en connaissent moins sur le VIH/sida que lors des deux enquêtes précédentes.
    – 63% pensent que le VIH peut se transmettre lors de relation sexuelle non protégée entre un homme et une femme, par rapport à 76% en 2006.
    – 70% savent que les personnes vivant avec le VIH peuvent vivre pendant dix ans ou plus sans développer le sida, par rapport à 77% en 2003.
  • 87% des Canadiens sont encore persuadés qu’ils sont à l’abri d’une infection au VIH. Cette proportion était de 88% en 2006.
  • 60% des Canadiens pensent que le fait de savoir que quelqu’un de leur entourage est séropositif n’a pas eu d’influence sur leur comportement envers cette personne.
  • 69% des Canadiens pensent que les personnes vivant avec le VIH redoutent d’informer autrui de leur séropositivité par crainte d’être stigmatisées. Une proportion semblable à 2006.
  • 51% des Canadiens seraient mal à l’aise de savoir qu’un proche ou un ami fréquente une personne vivant avec le VIH/sida.

Agence de la Santé publique du Canada. Sondage de suivi de 2012 sur les attitudes touchant le VIH/sida, sommaire, octobre 2012. Ce sondage est le troisième réalisé, après ceux de 2003 et 2006. 

 

Dans un sondage réalisé en 2010 auprès de 1500 québécois, on apprend que :

  • En général, on note statistiquement une amélioration des attitudes des Québécois à l’égard des personnes vivant avec le VIH. Cette tendance est particulièrement notable entre 2002 et 2010. Cependant, à l’analyse des commentaires spontanés formulés lors de l’enquête, il en ressort que la stigmatisation liée au VIH est toujours une réalité, mais plus difficile à cerner par le biais de ce type de sondage.
  • Plus de 25% de la population éprouve de la crainte face aux personnes vivant avec le VIH.
  • Un peu plus d’une personne sur cinq limiterait ses contacts avec une personne vivant avec le VIH.

Direction de santé publique, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Attitudes de la population québécoise envers les personnes vivant avec le VIH, 2011Troisième enquête provinciale sur les attitudes de la population en générale envers les PVVIH, après celles de 1996 et 2002. 

 

Dans un sondage réalisé en 2009 auprès de 1054 québécois, on découvre que :

  • 51,5% des répondants ayant dit avoir connu une personne vivant avec le VIH dans le cadre de leur travail affirment que celle-ci été rejetée par ses collègues.
  • 42% disent qu’ils seraient inquiets s’ils apprenaient qu’un collègue qu’ils côtoient fréquemment au travail vivait avec le VIH.

COCQ-SIDA. Sondage téléphonique sur les attitudes et comportements au travail à l’endroit de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ou vivant avec une autre maladie chronique et épisodique (PVMCE), 2009.

 

Dans un sondage réalisé en 2009  auprès de 111 employeurs au Québec, on apprend que :

  • 64% des répondants sont inconfortables en présence d’une personne vivant avec le VIH.
  • 40% n’embaucheraient par une personne vivant avec le VIH.
  • 33% réagiraient négativement s’ils apprenaient qu’un employé nouvellement embauché n’avait pas dévoilé son statut sérologique lors de l’entretien d’embauche.

Ainsi, la personne vivant avec le VIH candidate à l’embauche devrait-elle absolument dévoiler sa séropositivité, alors qu’elle aurait près d’une chance sur deux que ce dévoilement l’empêche d’obtenir l’emploi convoité.

COCQ-SIDA. Sondage téléphonique sur les attitudes et comportements au travail à l’endroit de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ou vivant avec une autre maladie chronique et épisodique (PVMCE), 2009.